Bio Bello Blog

Le Blog Bio Bello : Bio, Éco et Bien-Être


Recherche

Articles récents

Commentaires récents

Nuage de tags

Bioliens

Écoliens

Forums

Localiens

Partenaires

Admin

Plus de plastique que de plancton dans les océans

Plusieurs plaques de plastique couvrent la surface de nos océans.

 Le vortex de déchets plastiques, de la taille d’un continent, qui souille le Pacifique

Au cœur des océans, des étendues vastes comme la France, peut-être plus, se sont transformées en plaques de déchets. La plus connue est le Great Garbage Patch (la grande plaque de déchets) située dans le Pacifique Nord, entre les Etats-Unis et l’Asie, et découverte à la fin des années 1990. Mais il pourrait bien en exister sept autres, selon Curtis Ebbes­meyer, océanographe, parmi les premiers à s’intéresser aux étranges parcours des déchets en mer.

 

Le rôle des courants
Dans un livre à paraître fin mars aux Etats-Unis (Ed. HarperCollins, disponible sur flotsametrics.com), ce scientifique explique sa “science des objets flottants”, en anglais “flotsa­metrics”. En observant les déchets en mer et sur les plages, il a identifié des courants circulaires, des tourbillons, qui drainent et rassemblent tout le plastique et les autres déchets qui, en partant des continents, finissent à la mer. Selon ses calculs, les plaques de débris pourraient couvrir une surface “équivalant à plusieurs fois la superficie des Etats-Unis”.

Si ces zones restent méconnues, c’est parce qu’elles sont difficiles à repérer. “Lorsqu’on s’y promène en bateau, on rencontre des objets de la vie quotidienne (brosses à dents, sacs en plastique, etc.) épar­pillés à la périphérie des plaques, plus concentrés vers l’œil du vortex, où les oiseaux finissent par nidifier”, raconte Fran­çois Chartier, responsable océ­ans de Green­­peace France, ONG qui a alerté le grand public sur l’existence du Great Garbage Patch. Mais du ciel, même depuis les satellites, “on ne voit rien : c’est comme essayer d’attraper un fantôme”, lance Curtis.

Du plastique invisible ? Pas vraiment. Le problème est que beaucoup de pièces sont transparentes — comme les sacs en plastique —, d’autres sont des fractions d’objets jadis plus importants, devenus aussi petits que le plancton par l’action des éléments. “Au cœur de la grande plaque, il y a six fois plus de plastique que de plancton”, constate Curtis.

 

Le gâchis en quelques chiffres
Dans cette zone, la concentration de particules plastiques est 6 fois plus élevée que celle du plancton, soit 6 tonnes de plastique pour une tonne de plancton. Ces matières plastiques contaminées se ramassent invariablement dans la chaîne alimentaire marine. Tous les animaux qui mangent du plancton sont susceptible de manger cette matière plastique, cela va des méduses aux baleines. Un véritable gachis écologique 100% Made By Humans. Les travaux de recherche menés par l’océanographe Charles Moore montre une concentration de 3.340.000 pièces de plastique par kilomètre carré et une masse moyenne de 5,1 kg/km².

L’étendue de la Plaque de déchets du Pacifique serait de 3,43 millions de kilomètres carrés, soit 6 fois la taille de la France. Sur la majeure partie de sa superficie, l’épaisseur de la nappe de plastique peut atteindre 30 mètres. On estime le poids de ce continent de plastique flottant à 3,5 millions de tonnes. Les pronostics laissent croire une croissance de la plaque de déchets multiplié par 10 jusqu’en 2030.

Selon le Programme Environnemental de l’ONU, les débris de plastique sont responsables chaque année de la mort de plus d’un million d’oiseaux marins, ainsi que de plus de 100.000 mammifères marins. Des seringues, des briquets et des brosses à dent ont été retrouvés dans les estomacs d’oiseaux marins morts, qui les confondent avec de la nourriture.

On pense que le plastique constitue 90% de tous les détritus qui flottent dans les océans. Le Programme Environnemental de l’ONU a estimé en 2006 que chaque mile carré d’océan contient 46.000 pièces de plastique flottantes.

La matière plastique met environ 500 ans à se décomposer. Les objets de plastique ne sont pas biodégradables et se fragmentent en morceaux plus petit avec le temps, juste qu’à se transformer en faux sable qui induit les animaux marins en erreur. Le plastique a aussi la fameuse tendance d’accumuler les toxines dans des proportions de plusieurs millions de fois la normale.

Il faut savoir aussi que 70% des objets en plastique qui sont jetés dans les océans ne flottent pas. Ils se ramassent au fond de l’eau et se décomposent en fines particules qui produisent un “sable de plastique”. Juste en Mer du Nord, on estime la quantité de plastique au fond de l’eau à 600.000 tonnes. Une simple bouteille de plastique de 1 litre qui se décompose en fragments peut suffire pour mettre un morceau de plastique à chaque mille de plage de toute la surface de la Terre.

 

 La carcasse d’un albatros mort à cause des bouchons de plastique

 

De la mer à nos assiettes
L’accumulation de plastique dans les océans n’est pas sans effet sur l’environnement. “Les dauphins avalent des sacs, les prenant pour des méduses, des oiseaux meurent de faim car leur estomac est rempli de plastique qu’ils ne peuvent pas éliminer…, insiste Fran­çois Chartier de Greenpeace, mais le plastique est aussi une ‘éponge à polluants’ (PCB, DDT, métaux lourds) qui finissent dans nos assiettes !”

Ce qui va dans ces océans entre dans ces animaux et enfin dans votre assiette. C’est aussi simple que cela.
Dr. Marcus Eriksen, directeur de recherche à l’Algalita Marine Research Foundation

Il semble impossible aujourd’hui d’éliminer cette pollution historique, correspondant à plus de cinquante ans de développement de la pétrochimie… à moins de passer d’énormes surfaces d’océan au tamis fin. La technique d’élimination de ces plastiques est connue depuis des millénaires : c’est le chalut. La tâche pourrait être confiée à une partie importante de la flotte halieutique, qui voit ses ressources de pêche diminuer comme peau de chagrin. Le coût de la récupération de ces millions de tonnes de plastique est estimé à plusieurs milliards d’euros…

Mais l’avenir reste à écrire : 80% des déchets en mer proviennent de la Terre, c’est-à-dire de nos maisons, de nos pique-niques, de nos toilettes. La mer, n’est jamais bien loin.

 

Qu’est-ce que nous pouvons faire :

  • Participer aux nettoyages des plages, Surfrider Foundation Europe organise les Initiatives Océanes, un grand week-end éco citoyen dédié à la protection de notre littoral, de nos lacs et de nos rivières (19/20/21/22 mars 2009).
  • Rien jeter dans la nature ou dans les toilettes.
  • Éviter les déchets en amont, en achetant des produits peu emballés et faciles à trier.
  • Ramasser les déchets flottants lors de randonnées en mer ou sur les lacs et rivières.
  • Trouver un substitut aux sacs et emballages plastiques.
  • Les magasins qui vendent en vrac peuvent être une alternative aux emballages.
  • Former le personnel des navires afin qu’il sache les conséquences de jeter les matières plastiques par dessus bord.
  • Faire pression sur les institutions européennes afin que la législation change… en signant par exemple
    La Pétition de Surfrider Foundation Europe “Macro-déchets, la pollution oubliée”

 

Sources :
Metrofrance.com

Le 7ème continent de déchets.

Une décharge mondiale qui s’étend d’Hawaï au Japon.

Le Trash Vortex, Greenpeace.

3 commentaires

  1. Manuel Maqueda:

    Ce n’est pas un problème causé par des gens sales, par le manque de “recyclage” ou par une mauvaise elimination des ordures

    Il s’agit d’un problème de conception: Nous utilisons un matériel qui n’est pas biodégradable et dure des centaines d’années pour fabriquer des objets jetables.

    Voilà la racine de cette catastrophe.

    Le plastique est une matière que la Terre ne peut pas digérer. Chaque morceau de plastique qui ait jamais été créé existe toujours, sauf la petite quantité qui a été incinéré, et est devenue l’air et particules toxiques de la pollution.

    Dans l’environnement, le plastique se décompose en particules plus petites et plus petits qui attirent les produits chimiques toxiques. Ces particules sont ingérés par la faune sur terre et dans l’océan, et de contaminer notre chaîne alimentaire.
    Plastic affecte la santé humaine

    Les substances chimiques nocives lessivés par les plastiques sont déjà présents dans le sang et les tissus de presque chacun d’entre nous, y compris les nouveau-nés.

    Cher auteur: Je vous prie de nous contacter por en parler plus: manuel [at] PlasticPollutionCoalition [dot] org Merci.

  2. Manuel Maqueda:

    Excusee moi, on veux dire Point ORG ! merci ;-)

  3. MrCello:

    J’ai bien compris (je parle aussi l’anglais).

Laisser un commentaire

*non publié

XHTML Tags autorisés: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <code> <em> <i> <strike> <strong>


Bio Bello Blog est fièrement propulsé par Wordpress
Adaptation et Design: Comperience